Lycéens reporters – Une conférence riche en enseignement sur la question migratoire pour les lycéens de Rémi Belleau

Le lundi 13 novembre, une conférence sur l’émigration syrienne a été organisée salle Pierre Mendès France à Nogent-Le Rotrou pour les élèves du lycée Rémi Belleau par Anita Pastor professeur d’Histoire-géographie et Adélie Chevée spécialiste de la question migratoire.

Par Auréline Gouin et Doriane Placier, élèves de 1ère Es1 au lycée Rémi Belleau.

Echanger sur une question majeure de nos sociétés.

C’est dans le cadre du projet Erasmus + « migrations d’hier et d’aujourd’hui », permettant l’ouverture du lycée sur d’autres pays européens, qu’a eu lieu cette rencontre sous forme d’explications documentées sur le déroulement du conflit syrien et l’émigration qui en résulte, et d’analyses concrètes du parcours de certains migrants. Cela a permis aux élèves et à la conférencière d’avoir de nombreux échanges et de débattre sur cette question qui divise tant la société française et l’Europe.

Améliorer sa connaissance des réalités de l’émigration.

Pendant le conflit, des millions de syriens ont dû fuir et la majorité est partie dans les pays à proximité. L’émigration vers l’Europe concerne en grande partie les classes moyennes avec des diplômes et des qualifications ; ce qu’ignorait les élèves présents. Puis, l’étude de cas précis a permis de mettre des noms et des parcours de vie derrière ces chiffres comme celui de Sumar. A 24 ans, lors de sa dernière année en master de journalisme à Damas, il voit le commencement du soulèvement syrien. Avec ses amis, il a voulu organiser des manifestations pour la démocratie et voulait filmer les évènements afin d’informer la population sur la brutalité du régime. Ses actes lui ont valu deux séjours en prison dont un de quatre mois. Il réussit finalement à rejoindre la France où il est désormais professeur en langue arabe dans une école à Paris et s’intègre dans son nouveau lieu de vie.

Un échange utile aux élèves

Tout d’abord, la situation en Syrie était méconnue des élèves. La situation politique, les causes et le rôle des acteurs de la guerre, l’émigration syrienne, ont pu être explicités aux élèves. Beaucoup ont appris quel était le parcours concret d’un réfugié, de sa vie avant le conflit et le déroulement de son départ jusqu’en France. « Ma vision du conflit et de l’émigration ont été modifiées par ces échanges et ces informations précises. Maintenant, je peux me faire mon propre avis sur la situation » nous a expliqué une élève de 1ère Es1.

Repères sur le conflit syrien et l’émigration

Ce conflit armé a commencé en 2011 dans le contexte du Printemps arabe. De nombreuses manifestations ont été faites par les citoyens pour obtenir la démocratie contre cette dictature qui pratique la censure, le culte de la personnalité et réprime violemment sa population. Les islamistes extrémistes ont cependant pris au fur et à mesure l’ascendant sur les démocrates.

La répression par le régime syrien a été brutale et a mené à 350 000 morts et 6 millions de réfugiés au total, soit 1/3 de la population. La Turquie est le pays qui a accueilli le plus de réfugiés, soit environ 3.3 millions, ainsi que le Liban et la Jordanie. Il y a également un peu plus d’1 million d’entre eux dans les 28 pays de l’UE en particulier en Allemagne avec près de 500 000 personnes contre seulement 40 000 pour la France.

Repère : Vague migratoire et frontière méditerranéenne

L’année 2015 a été l’année avec le plus important nombre de réfugiés au monde. Cette hausse très ressentie vers l’Europe est en partie liée au conflit en Syrie. Cependant, les spécialistes expliquent très bien que désormais la vague migratoire syrienne en direction de l’Europe est derrière nous et donc que les chiffres des migrations vers l’Europe sont revenus au niveau d’avant 2011.

En parallèle de ces évolutions, il est devenu de plus en plus dangereux pour ces populations de tenter ce trajet et le taux de mortalité lors des traversées a fortement grimpé. En effet, on estime à 5100 le nombre de morts tentant la traversée de la Méditerranée en 2017 contre 3100 en 2016.  La frontière méditerranéenne est devenue la frontière la plus difficile à franchir et comptabilise aujourd’hui le plus de décès à cause des nombreux naufrages survenus. En 10 ans, c’est près de 40 000 personnes qui y ont trouvé la mort. Elle reste donc une épreuve quasi-obligatoire afin d’aller dans plusieurs pays d’Europe.